Le ministre français de l’Intérieur reconnaît que la police a perdu le contrôle, les interpellations après les émeutes dépassent 2 400
Le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré que la police avait « perdu le contrôle » dans plusieurs villes lors d’un week-end d’émeutes et de pillages ayant suivi des manifestations massives contre la vie chère et pour les services publics, a rapporté France 24. Le président Emmanuel Macron a refusé la démission proposée par Nuñez, et le gouvernement tenait une réunion d’urgence lundi matin, a rapporté la BBC.
Ce qui s’est passé : Les marches organisées samedi dans tout le pays ont rassemblé environ 550 000 personnes selon les autorités et 800 000 selon les organisateurs, a rapporté France 24. Les cortèges ont été en grande partie pacifiques, mais des violences ont éclaté dans plusieurs villes, avec des bâtiments incendiés et des magasins pillés, a rapporté la BBC. Au moins 2 400 personnes ont été interpellées dans tout le pays, a rapporté The Guardian. Les troubles se sont poursuivis dimanche, et les autorités ont fait état de 350 interpellations à Paris dimanche et tôt lundi, selon la BBC.
L’aveu du ministre : « J’ai proposé ma démission parce que je suis entièrement responsable de ce qui s’est passé », a déclaré Nuñez sur France Inter, selon France 24, qui précise qu’il a reconnu un « défaut d’anticipation » face aux troubles. Il a indiqué que ses équipes avaient prévu 200 000 manifestants, a rapporté la BBC. L’Élysée a indiqué que Macron lui avait demandé de rester et de s’attacher à rendre les rues plus sûres et à traduire les émeutiers en justice, selon la BBC. Nuñez a imputé les violences à des groupes d’« ultragauche », a rapporté France 24.
La réponse de Macron : Dans une allocution télévisée, Macron a dénoncé une « violence débridée » et affirmé que « rien ne justifie » ces violences, a rapporté The Guardian. Il a indiqué que les représentants locaux de l’État pourraient interdire certains rassemblements sur la voie publique, et il a distingué les manifestants pacifiques de ceux qui « détruisent, saccagent et pillent ». Des responsables politiques de gauche comme de droite avaient réclamé la démission de Nuñez, a rapporté le journal.
Ce qui reste flou : Alain Di Crescenzo, président des Chambres de commerce et d’industrie de France, a déclaré sur RTL que plus de 2 000 entreprises avaient été directement touchées, pour des dégâts estimés à « des centaines de millions d’euros », ont rapporté France 24 et la BBC. Il s’agit d’une estimation du secteur, pas d’un bilan officiel. Des militants du mouvement des « gilets jaunes » ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation samedi, a rapporté France 24.